Quatre entrepreneurs du Kenya, d’Afrique du Sud et du Niger ont étéretenus comme finalistes del’ Africa Prize for Engineering Innovation 2026.Il s'agit de la 12e édition du plus important prix du continent consacré à l'innovation en ingénierie et à l'entrepreneuriat à impact. Organisé par la Royal Academy of Engineering et cofinancé par le Department for Business, Innovation, Science and Trade du Royaume-Uni, l’Africa Prize comprend un programme de huit mois - destiné à accompagner 16 entrepreneurs dans le développement et la commercialisation de solutions d'ingénierierépondant à des défis locaux.
Les quatre innovations finalistes de la promotion 2026 sont un système de collecte d’urine qui la transforme en engrais, une unité de dialyse mobile de pointe, une plateforme d'électrocardiographie dotée d'une IA et un système de surveillance médicale tout-en-un fabriqué localement. Leurs fondateurs présenteront leurs projets devant un jury lors de la finale de l'Africa Prize 2026,animée par l’ancien joueur professionnel de rugby à XV, Bryan Habana, le 28 octobre à Johannesburg, en Afrique du Sud. Le lauréat remportera l'Africa Prize et 50 000 £, tandis que les trois autres finalistes recevront chacun 10 000 £.
Rebecca Enonchong FREng, présidente du jury du Prix Afrique, a déclaré :
« La présélection de cette année illustre clairement l'extraordinaire diversitédes talents en ingénierie sur tout le continent. Chaque entrepreneur a apporté quelque chose de différent à l'Africa Prize, touchant à des secteurs, des pays et des enjeux de société variés.
« Nos quatre finalistes peuvent être extrêmement fiers d’être arrivés à ce stade. Chacune de leurs innovations répond à des défis très différents, mais toutes montrentce qui est possible lorsque l’ingénierie s'appuie sur une compréhension fine d’un problème dans son contexte local. J’ai hâte de les voir présenter leurs travaux à Johannesburg et de célébrer le talent et l’innovation de l'ensemble des candidats présélectionnés.»
Découvrez les finalistes 2026 :
Mamane Kabirou Ousseini est le premier ingénieur nigérien sélectionné pour le programme de l'Africa Prize.. Il a fondé et développé Likita Care, une plateforme de surveillance médicale intégrée, fabriquée localement, qui fournit aux professionnels de la santé des outils fiables et faciles à entretenir pour la surveillance cardiaque et prénatale des patients.
Likita Care combine du matériel connecté, des logiciels cliniques et une fabrication numérique locale. Sa plateforme comprend unélectrocardiographe, un cardiotocographe et un thermomètre frontal, qui permettent de suivre 12 paramètres vitaux chez les adultes, les nouveau-nés et les fœtus. Un tableau de bord logiciel central prend en charge la télémédecine, les protocoles cliniques numériques et la surveillance simultanée de 10 à 20 patients, tandis qu’un module d’IA intégré interprète les signes vitaux en temps réel. Les appareils sont produits au Niger à l’aide de l’impression 3D, de la découpe CNC et de l’assemblage électronique, ce qui permet des réparations plus rapides et ce qui réduit la dépendance aux équipements importés.
Après une validation locale et des essais cliniques menés auprès de plus de 100 patients ,qui ont permis de recueillir plus de 4 000 données, l’équipe a produit et déployé plus de 70 unités de surveillance au Niger. Cinq centres médicaux utilisent activement la technologie, les hôpitaux faisant état de retours très positives, de nouvelles commandes et d’un service après-vente réactif, avec des réparations sur site sous 24 heures si nécessaire.
L’entreprise se prépare désormais à sa prochaine phase de croissance. Elle prévoit la construction d'une usine au Niger afin de soutenir une production à plus grande échelle et, pour la première fois, elle envisage une expansion au-delà de son marché national : des débouchés dans les pays voisins sont actuellement à l'étude.
Dyllon Randall, un ingénieur chimiste sud-africain, a cofondé Pee-Cycling, un système modulaire qui collecte l'urine pour la transformeen engrais, tout en préservant l’eau potable, en récupérant des nutriments précieux et en réduisant la dépendance aux engrais importés.
Pee-Cycling recueille l’urine au moyen d'urinoirs sans eau ou de toilettes à séparation d'urine spécialement conçus, la stabilise afin d'éviter les pertes d’azote,puis a recours à un prétraitement et à l’osmose inverse pour produire un engrais liquide concentré de qualité horticole et une eau propre réutilisable. Contrairement aux solutions reposant sur l’évaporation, le système retire l’eau sans la transformer en vapeur, réduisant ainsi les besoins en énergie. Une unité de grande capacité occupant environ 12 à 15 mètres carrés peut traiter jusqu’à 3 000 litres d’urine par jour et chaque tranche de 1 000 litres traités permet d’économiser environ 2 000 litres d’eau potable.
Depuis qu’il a rejoint le programmede l'Africa Prize 2026, Dyllon a fait passer Pee-Cycling du stade pilote à une exploitation en conditions réelles. Son installation au Cape Town Stadium est désormais entièrement opérationnelle, et Pee-Cycling a signé un contrat avec son premier client commercial, Bidvest Prestige pour l'exploitation et l'entretien du système. Mené en partenariat avec Bidvest Prestige et la Ville du Cap, le projet a recueilli 3 600 litres d’urine lors du seul match de rugby opposant l'Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande, et a été intégré pour trois ans à l’appel d’offresde la Ville du Cap relatif au stade. Pee-Cycling s'est également classé premier du FNF Afri GreenPitch Challenge 2026, organisé par GreenCape.
La finaliste kenyane Naom Monari a débuté comme élève infirmière en 2017 et s’est depuis consacrée à l’amélioration de l’accès aux soins des maladies chroniques dans les communautés rurales et les zones touchées par l’insécurité sanitaire. Son innovation présélectionnée, Renal Roads, est une clinique mobile de dialyse entièrement équipée, conçue pour rapprocher un traitement régulier et vital des patients vivant dans des communautés rurales ou difficiles d'accès.
Renal Roads est aménagée dans un conteneur maritime transformé de 40 pieds, monté sur une remorque, et opère depuis des établissements de santé des collectivités locales selon un calendrier hebdomadaire fixe. L’unité est équipée dequatre machines de dialyse sécurisées, de fauteuils inclinables, d’une zone d’urgence, d’un système de traitement de l’eau par osmose inverse,d’ une plomberie intégrée,d’un drainage contrôlé, une alimentation solaire et de systèmes de secours. En moyenne, elle se rend dans trois communautés par semaine et elle peut assurer jusqu’à 400 séances de dialyse par mois, les séances prises en charge par l’assurance maladie nationale du Kenya.
Depuis sa présélection pour le Africa Prize, Renal Roads s’est associée à Nipro Medical, un important fabricant japonais d’équipements de dialyse, pour améliorer l’accès à la dialyse au Kenya. Elle a également reçu des financements de la World Diabetes Foundation en vue de developer la dialyse mobile.
Alice Muhuhu, médecin et entrepreneure kenyane, a développé MoyoECG, une plateforme portable de surveillance cardiaque conçue pour aider les professionnels de santé de première ligne à détecter d'éventuelles pathologies cardiaques et àorienter les patients à temps, notamment dans les cliniques ayant un accès limité aux soins cardiologiques spécialisés.
MoyoECG combine un ECG portable, sans fil et multidérivations à une IA intégrée afin d'enregistrer et d'analyser l’activité électrique du cœur. Elle peut reconnaître des tracés caractéristiques deplus de 50 pathologies et anomalies cardiaques, notamment la fibrillation auriculaire, la tachycardie, la bradycardie, les arythmies ventriculaires, les troubles de la conduction et les signes associés à d’ischémiemyocardique. En détectant des anomalies telles que la fibrillation auriculaire, elle peut également aider à identifier les patients présentant un risque accru de complications, notamment d’AVC et d’insuffisance cardiaque. Les premiers projets ont réduit le temps d’interprétation des ECG d’environ 30 minutes à moins de cinq minutes, y compris là oùla connexion internet est peu fiable.
MoyoECG a déjà acquis une notoriété internationale en remportant le concours Qualcomm Make in Africa. L’innovation a également reçu le soutien et la reconnaissance d’organisations telles que l’Université d’Oxford, Novartis, le Fonds mondial, Standard Chartered Bank et la Kenya Cardiac Society.
Depuis son lancement en 2014, l’Africa Prize for Engineering Innovation a soutenu plus de 180 entreprises dans 24 pays grâce à un précieux accompagnement en formation, mentorat et communication. Aujourd’hui, 85 % des anciens étudiants génèrent des revenus et, ensemble, ils ont obtenu plus de 34 millions de dollars en subventions et fonds propres de tiers.
La finale du Africa Prize, soutenue par Anglo American, aura lieu le 28 octobre au NH Johannesburg Sandton à Johannesburg et sera marquée par une allocutionde Lisa Weedon, haute-commissaire par intérim du Royaume-Uni en Afrique du Sud. Les quatre finalistes présenteront leurs innovations devant un jury et à un public réuni sur place et en ligne. Les autres innovateurs présélectionnés présenteront également leurs innovations et concourront pour le prix One-to-Watch de 5 000 £, attribué par le vote du public. Consultez le site web de la Royal Academy of Engineering pour en savoir plus sur l'événement et vous inscrire pour y assisteren ligne et sur place.
Sofía Costa Navarro
The Wilful Group
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